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Orientation vers l’activité aérienne et succès

Chavez volando en un FarmanVers la fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième, les activités aérostatiques sur des ballons libres et des ballons dirigeables étaient accompagnées de la construction et du vol de planeurs. Otto Lilienthal, ingénieur allemand, fut le premier à étudier le vol à voile. En 1889 il commence à faire des expériences de vol planné, en 1890 eut lieu le premier essai de ce genre, et en 1891 il réalise les premiers vols. Plus tard, en 1895, il décide d’élargir la superficie des ailes de ses appareils de 16 m à 24 m, afin de leur donner ainsi une plus grande sustentation, et il commence la construction de biplans. Mais ces travaux furent interrompus par le décès de Lilienthal l’année d’après, à la suite d’un accident survenu pendant l’un de ses vols. Les frères Wilbur et Orville Wright, fabricants nord-américains de bicyclettes commencèrent à construire différents planneurs avec lesquels ils réalisèrent presque mille vols. En 1902, avec l’expérience acquise, ils commencèrent la construction d’un moteur qu’ils installèrent sur un des planneurs, et débutèrent les essais en 1903. Lors du premier essai, effectué en Caroline du Nord, à Kitty Hawk, près de Norfolk, le 14 décembre 1903, avec le Flyer 8, qui était un biplan à moteur à deux hélices, les frères Wright n’eurent pas de succès. Trois jours après, le 17 décembre 1903, le biplan Flyer 8 put décoller avec Orville Wright aux contrôles, en atteignant seulement 12 secondes de vol. Ce même jour, Wilbur Wright, utilisant le même appareil, arrive à effectuer un vol d’à peine 59 secondes sur une distance de 260 m. En 1905, les frères Wright réussissent à effectuer un vol de près de 40 km de distance à quelques 30 m du sol, sur leur biplan Flyer 8.

Un autre inventeur, constructeur et aviateur qui vécut maintes années de sa vie d’adulte en France, contribuant en grande mesure à la naissante aviation, fut Alberto Santos Dumont, né au Brésil le 20 juillet 1873. Il construisit et fit voler les premiers ballons dirigeables, démontrant que les vols pouvaient être contrôlés à discrétion par l’aviateur. Le 19 octobre 1900, à Paris, il réussit à gagner le prix « Deutsch de la Meurthe», en réalisant un vol autour de la Tour Eiffel et devint ainsi la personne la plus célèbre au monde au début du vingtième siècle. Santos Dumont construisit également un avion à aile fixe auquel il incorpora un moteur, et c’est ainsi que le 23 octobre 1906, à Paris, il fit avec cet appareil son premier vol officiel en Europe, vol qui fut reconnu comme tel. La particularité de ce vol fut que, après le décollage, fut effectué un déplacement contrôlé de l’appareil en plein vol, pour procéder ensuite à un atterrissage sans aucun problème. L’avion avec lequel Santos Dumont vola avait été baptisé « 14-bis » ou « Bird of Prey » (Oiseau de proie). Depuis lors, au Brésil, Santos Dumont est connu comme « le père de l’aviation ». Ce vol de Santos Dumont et celui effectué par les frères Wright continuent à être sujet de controverse puisque ces deux vols sont accrédités comme le premier vol à avoir été réalisé. Ce sujet ne sera pas objet d’analyse dans ce livre.

Ces évènements, ainsi que d’autres ayant eu lieu au début de l’aviation, éveillèrent chez beaucoup de gens le désir et l’enthousiasme pour le vol et pour la fabrication d’aéroplanes. En Europe commença la formation de pilotes et la réalisation de compétitions de distance, de permanence dans l´air, de vitesse et d´altitude. Parmi les noms notables qui apparurent initialement se trouvaient ceux de Gabriel Voisin, Louis Blériot, Henri Farman et Hubert Latham. Le 13 janvier 1908, Henri Farman, aux commandes d’un avion Voisin modifié, décolla et fit un vol d’un kilomètre, après quoi il revint au lieu de départ et atterrit sans problèmes. Le 25 juillet 1909, Louis Blériot, né en France, fabricant d’avions et aviateur lui-même, construisit le monoplan Blériot XI, équipé d’un moteur Anzani de 25 HP, avec lequel il effectua la traversée du Canal de la Manche depuis Calais (France) jusqu’à Dover (Angleterre). La traversée fut effectuée à peu de mètres au-dessus de l’eau, fait considéré comme une grande prouesse et dont la nouvelle se répandit partout dans le monde.

Ces évènements liés à l’activité aéronautique et publiés à la une des journaux, en gros titres, devenaient en même temps un sujet de commentaires dans les différentes sphères du monde social de l’époque. Dû au fait que beaucoup d’entre eux avaient été conçus et réalisés en Europe, ils commencèrent à intéresser et à inquiéter le jeune et intrépide Jorge Chávez qui appréciait les activités sportives: il eut l’idée de faire des incursions dans la série de compétitions aériennes en train de se développer à grande vitesse et comme une projection du vingtième siècle débutant.

Poster ReimsEn 1909, Jorge Chávez, déjà professionnel, avec son titre d’ingénieur obtenu à l’École d’Électricité et de Mécanique Industrielles Violet de Paris, fortement attiré par l’art du vol, assista à Reims, , capitale de la Champagne, en France, à l’est de Paris, à la « Grande semaine de l’aviation de la Champagne », qui eut lieu du 19 au 22 août 1909. Pendant son séjour à Reims, il fit connaissance et se lia d’amitié avec l’aviateur français très connu Louis Paulhan, qui avait le brevet de pilote Nº 10 et avait déjà participé à maintes compétitions aériennes et qui, même avant d’être pilote d’avion, avait été pendant son service militaire pilote de ballon aérostatique.

Dans les conversations qu’ils eurent durant les jours de la compétition, Paulhan apprit que Chávez était ingénieur, bon sportif, amateur d’automobiles, qu’il s‘y connaissait en moteurs et en mécanique, et qu´il était très attiré par les aéroplanes. Paulhan apprécia que le jeune ingénieur réunisse les qualités idéales pour être aviateur, et quand il était sur le point de lui proposer de se joindre à son équipe, Chávez, prenant le devant, le lui demanda, car il voulait s´essayer à cette activité et se familiariser avec les aéroplanes.

Louis Paulhan accepta très volontiers la demande du jeune Chávez, et celui-ci commença à travailler avec lui, l’accompagnant dans les circuits qu’il faisait afin de se présenter aux différents endroits où avaient lieu les compétitions aériennes. Plus tard, quand Louis Paulhan s’associa à Henri Farman, Jorge Chávez partit avec lui. Ceci lui permit d’entrer à l’École de vols Farman, à Mourmelon-le-Grand, en tant qu’élève pilote, après signature d´un contrat l’obligeant à acquérir un avion dessiné et construit par la Compagnie Farman ainsi qu’à participer pendant une période déterminée aux compétitions aériennes avec ce type d’aéroplane.

Chavez en un avion VoisinLe 5 février 1910, le péruvien Jorge Chávez décolla pour la première fois aux commandes d’un avion biplan Voisin, à l’École Farman. Ses vœux de voler dans les airs s’étaient concrétisés et voler était déjà pour lui une réalité. Commença alors dans la vie de Jorge Chávez une trajectoire lumineuse, courte en ce qui concerne le temps, mais immense en gloire, et qui durerait au-delà de sa mort, l’amenant à occuper une place déterminante et de grande importance dans l’histoire de l’aviation mondiale, et remplissant d’orgueil tous les Péruviens. Après son premier vol, il réalise le 10 février 1910 un parcours aérien de 10 km en 10 minutes, à une vitesse moyenne de 60 km/h, et le 15 février 1910 il reçoit le brevet international de pilote Nº 32. Plus tard, le 28 février de la même année il réalise un vol d’1 heure 47 minutes afin de compléter le circuit Mourmelon-Louverly-Bouy-Mourmelon, dans la région de Champagne, au nord-est de la France. Le 2 mars 1910, il monte jusqu’à 510 m d´altitude, émulant les deux grands pilotes du moment, Hubert Latham et Louis Paulhan.

L’aviateur Louis Paulhan, ami de Chávez, ne se trompa pas lorsqu’il fit sa connaissance à Reims, car les progrès rapides et les succès que le jeune aviateur péruvien était en train d´effectuer dans cette nouvelle activité lui donnaient raison.

Jorge Chávez, avec le peu d’expérience gagnée en tant que pilote mais se sentant capable et sûr dans l’activité aérienne qu’il avait entreprise, décida de participer aux compétitions aériennes organisées qui avaient éveillé une grande expectative chez le public assistant et dont la divulgation dans la presse écrite était très ample. Dans ces compétitions, différents types d´épreuves étaient programmées, parmi lesquelles celles de distance, de vitesse, de permanence dans l’air et d´altitude. Jorge Chávez commença sa participation en s’inscrivant dans la compétition de Biarritz, au sud-ouest de la France ; il suivit avec celle de Nice, dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en France, et continua sa participation avec la « Semaine de Tours », au centre de la France ; la « Grande semaine lyonnaise », à Lyon, à l’est de la France ; celle de Vérone, au nord de l’Italie ; celle de Budapest, en Hongrie ; celle de Rouen, au nord-ouest de la France ; la « Grande semaine de Champagne », au nord-est de la France ; celle de Blackpool, en Angleterre, et celle de Lanark, en Écosse qui eurent toutes lieu entre le 28 mars 1910 et le 13 août de la même année, avec un total de 94 jours de compétitions depuis son début, pratiquement cinq mois, dans l’activité aérienne. Dans ces présentations aériennes, la personne du jeune Chávez se distingua particulièrement, et les journalistes écrivirent d’importants commentaires à son sujet dans les journaux de plus grande circulation de l’époque : ils firent ressortir les triomphes obtenus et les places magnifiques atteintes par rapport aux pilotes de longue expérience qui furent ses concurrents.

Il convient également de souligner qu’un autre aviateur péruvien, Juan Bielovucic, né à Lima le 30 juillet 1889, couronna son apprentissage comme pilote à l’école que les frères Gabriel et Charles Voisin avaient installée à Reims, après avoir fait ses preuves le 10 juin 1910 afin d’obtenir le brevet Nº 87. Juan Bielovucic, qui s’orienta vers les compétitions de distance, réalisa un vol extraordinaire le 27 août 1910, d’Issy à Paris, pour voler autour de la Tour Eiffel et rentrer après au point de départ. Après ceci, il réalisa des vols de Château à Angoulême en temps record, moins de 2 heures, et d’Angoulême à Bordeaux en 1 heure 46 minutes seulement, des exploits magnifiques pour les aéroplanes de l’époque. Pour sa part, Chávez s’orienta surtout vers les compétitions d´altitude car il éprouvait pour ces dernières une grande passion.

Compétitions aériennes

Nous allons développer ci-dessous quelques aspects principaux des compétitions aériennes auxquelles participa Jorge Chávez après avoir obtenu son brevet de pilote.

La compétition aérienne de Biarritz eut lieu du 28 mars au 4 avril 1910. Biarritz se trouve au sud-ouest de la France, dans le département des Pyrénées Atlantiques, sur la Côte Basque, non loin de la frontière d’Espagne. Chávez participait pour la première fois à une compétition aérienne et il le fit avec l’avion biplan Voisin. Il débuta aux côtés de remarquables aviateurs de l’époque, parmi lesquels se trouvaient Alfred Leblanc, Louis Blériot, Arthur Duray et Burgeat. À cette compétition assista le roi Edward VII d’Angleterre. L’avion Voisin de Chávez eut des problèmes techniques qui retardèrent sa présentation. Il se présenta seulement le 2 avril et réalisa un vol d’environ 45 minutes, à une altitude de 300 m, et sur 45 km, gagnant ainsi un prix de 6000 francs. La présentation du jeune Chávez éveilla l’admiration et l’enthousiasme des assistants.

Chavez saliendo ileso de un accidente La compétition aérienne de Nice commune française située dans le département des Alpes Maritimes, eut lieu du 10 au 25 avril 1910. Jorge Chávez se présenta avec son avion biplan Farman. Il concourut avec les aviateurs Michel Effimoff, Van den Born, René Metrot et Hubert Latham. La compétition put s’initier seulement le 15 avril dû aux mauvaises conditions météorologiques des cinq premiers jours, avec des vents très intenses qui empêchaient ou rendaient difficile le vol des fragiles aéronefs de l’époque.

Video: Jorge Chavez aux commandes de son avion Farman.

Le premier jour, Jorge Chávezobtint la deuxième place dans le vol de distance, en totalisant 105 km ; ensuite, le deuxième jour, il obtint la troisième place dans le vol de distance, en totalisant 22 km. Au cours du troisième jour, où il obtint la deuxième place du circuit en terrain, il fut obligé d’atterrir au bord de la plage par manque de combustible à conséquence des vents forts. Heureusement, il fit un atterrissage d’urgence, sain et sauf. Le septième jour, il participa à nouveau avec son avion Farman, récemment réparé, et qu’il ne put pas essayer avant de s’envoler à nouveau faute de temps. Le problème avec l’avion était que ce jour était très important pour Chávez car l´épreuve d´altitude était programmée et il avait grand intérêt à y participer et à réussir une bonne performance. La lutte qu’il engagea avec son concurrent, l’aviateur Hubert Latham, fut très dure et acharnée et éveilla un grand intérêt chez le public assistant.

À la fin, Chavez obtint la deuxième place, avec 644 d´altitude et à seulement 12 m de Latham, qui obtint la première place. Le public fit montre d’une grande reconnaissance à la performance magnifique de Jorge Chávez et ceci fut à l’origine d’une grande preuve de générosité et de camaraderie de la part de l’aviateur Hubert Latham qui, après être descendu de son avion Blériot, s´approcha de Chávez, qui était très calme à côté de son biplan Farman, lui serra la main et lui dit: « Je voudrais que vous sachiez que dans cette épreuve il n’a pas eu de gagnant ni de perdant, car douze mètre de différence à une telle altitude est insignifiant. » Cette attitude de Latham fut très gratifiante et appréciée par le jeune Chávez qui, à ce moment-là, pilotait seulement depuis deux mois, contre les seize mois que son opposant avait dans cette activité. Le huitième jour de la compétition, Chávez participa à l´épreuve de vol de distance : il obtint la troisième place avec 81 km. Le neuvième jour il prit part à l´épreuve de vitesse et occupa la sixième place, avec 20 minutes 25 secondes pour les 24 km de parcours. Le dixième jour, Chávez participa à la compétition de distance et obtint la troisième place avec 27 km. Chávez reçut un prix de 15 000 francs pour la deuxième place à l´épreuve d´altitude. Il convient de signaler ici que le jeune Chávez pilotait seulement depuis deux mois comme pilote breveté, mais il concourait déjà avec des pilotes de plus d’expérience, et occupait une place importante parmi eux.

La compétition aérienne « La Semaine de Tours », au centre de la France, fut programmée du 30 avril au 5 mai 1910. Chávez participa avec l’avion biplan Farman. Les conditions météorologiques étaient très mauvaises, avec pluies et même orages. Seul le quatrième jour fut un bon jour pour la réalisation des vols. La compétition s’effectua en campagne, et Chávez arriva deuxième avec 147 km, après Dikson, qui atteignit 226 km, laissant la troisième place à René Metrot, avec 93 km. Le prix obtenu par le péruvien Chávez pour la deuxième place fut de 9000 francs.

La compétition aérienne « La Grande semaine Lyonnaise » eut lieu à Lyon, ville se trouvant entre Paris et Marseille, et fut programmée du 7 au 15 mai 1910. Chávez participa avec un avion biplan Farman. Il s´opposa à des aviateurs expérimentés, tels que Hubert Latham, Van den Born, René Metrot, Hauviette Michelin, Legagneaux et Louis Paulhan. Les conditions météorologiques étaient fort défavorables et au cours de la compétition beaucoup d’accidents eurent lieu, laissant des aéronefs détruits ou sérieusement endommagés ; un pilote fut blessé, René Metrot, et lamentablement Hauviette Michelin décéda. La mort de ce dernier endeuilla la compétition l’après-midi du septième jour. Le résultat final représenta pour Chávez un classement officiel qui, comme prix total lui rapporta 30 000 francs, outre d´excellents commentaires suscités par sa performance parmi le public assistant ainsi que par la presse, qui souligna l’audace du jeune aviateur dans chacun de ses vols, surtout ceux en altitude, où il atteignit la deuxième place avec 450 m. Il obtint également trois troisièmes places : l’une d’elles à la compétition de permanence dans l’air, où il totalisa 5 heures 17 minutes ; une autre à la compétition de vitesse ayant atteint 93,5 km/h et, finalement, la troisième à la compétition de distance, où il parcourut 41 km. Le jeune aviateur péruvien réussit son classement dans toutes les épreuves avec son avion biplan Farman, démontrant d´excellentes qualités d’aviateur.

Chavez efectuando ajustes en su avionLa compétition aérienne de Vérone, au nord de l’Italie, eut lieu du 22 au 29 mai 1910. À cette compétition, à laquelle participaient, parmi d’autres, des pilotes tels que Henri Farman, Louis Blériot, Antoinette, Arthur Duray et Jorge Chávez, se produisit un évènement qui aurait pu se transformer en tragédie. Pendant la réalisation de l´épreuve de distance, l’avion piloté par Arthur Duray prit de la vitesse pour le décollage, et alors qu´il avait atteint 50 km/h, le pilote, qui avait perdu le contrôle de la machine, essaya d’éteindre le moteur, ce qui fit qu’il fut éjecté de son siège sur le sol, pendant que l’avion commençait à tourner de façon incontrôlée. Comme résultat de cet incident, Duray souffrit de graves blessures. L’avion, dépourvu de pilote, continua sa course folle, avec de violentes girations. Jorge Chávez, voyant cette situation et conscient que ceci pourrait causer une plus grande tragédie, courut vers la machine et, faisant preuve d’une agilité surprenante, il y sauta, en s’accrochant comme il put, coupa le contact et contrôla l’appareil, éliminant ainsi la menace qui planait sur le public assistant. Ce comportement du péruvien Jorge Chávez, considéré courageux, fut reconnu par les participants et, également, par le public qui avait assisté nombreux à la compétition. Pour sa part, l’aviateur Arthur Duray souffrit de graves blessures qui l’éloignèrent de l’activité aérienne en tant que pilote. Cette action de Jorge Chávez, très valeureuse, marqua le point de départ d’une grande amitié entre Duray et Chávez, à un tel point que Duray devint le manager, le conseiller et le mécanicien de Chávez pendant les compétitions futures auxquelles il prit part, y compris l’exploit de la traversée des Alpes.

La compétition aérienne de Budapest, Hongrie, fut programmée du 5 au 15 juin 1910. Chávez y participa avec son avion biplan Farman. Les mauvaises conditions météorologiques compromirent la réalisation du programme. Chávez obtint la quatrième place à la compétition d´altitude, en atteignant les 442 m, et en dépassant Louis Wagner et Michel Effimoff.

La compétition aérienne de Rouen, ville historique, capitale de Normandie, au nord-ouest de la France, fut programmée du 19 au 26 juin 1910. Chávez participa avec son avion biplan Farman et à l´épreuve d´altitude il obtint la deuxième place en atteignant les 496 m, tandis que la première place fut occupée par Léon Morane, avec 521 m sur son monoplan Blériot. À la fin de l´épreuve, Jorge Chávez arriva à la conclusion qu’il n’avait pas pu gagner Morane, qui pilotait un monoplan Blériot, parce que le biplan Farman avec lequel il était en train de voler ne lui permettait pas d’atteindre une altitude supérieure car l’appareil n’était pas dessiné pour cela. Il en déduisit donc que ce dont il avait besoin maintenant c´était d´un avion monoplan, et vu que le contrat avec Henri Farman pour voler avec les avions de sa production avait pris fin, il décida d’acquérir un monoplan après avoir demandé à l’aviateur Leblanc son Blériot, avec lequel il réalisa quelques vols. Une fois confirmées les bontés offertes par cette machine, il acquit un monoplan Blériot.

La compétition aérienne « La Grande semaine de Champagne » (la Champagne est une province historique au nord-est de la France) fut programmée du 3 au 10 juillet 1910. À cette occasion, Chávez participa avec le monoplan Blériot qu’il avait acquis récemment, et occupa la première place à l´épreuve d´altitude avec 1150 m, étonnant le public assistant ainsi que les experts de l’époque. Ici, Chávez mit en avant ses conditions d’excellent aviateur et confirma lui-même que le biplan n’était pas la ligne apparente et adéquate pour la réalisation de vols en altitude. Le fait est qu’il se montra heureux et satisfait avec le monoplan Blériot qu’il avait acquis, s’exprimant ainsi : «Finalement j’ai trouvé l´ascenseur pour escalader le ciel comme je veux le faire. »

La compétition aérienne de Blackpool, ville au nord-ouest de l’Angleterre, baignée par la Mer d’Irlande, fut programmée pour être réalisée du 28 juillet au 8 août 1910. Chávez participa à cette compétition aérienne à nouveau avec son monoplan Blériot, avec lequel il s’adonna aux vols en altitude. Le 3 août, il atteignit les 1647 m de hauteur et obtint la première place, en gagnant des compétiteurs tels que Douglas Graham, Claude G. White, Tétard et J. Armstrong Drexel. En plus de cette extraordinaire première place, Chávez avait également réussi à battre sa propre marque de 1150 m atteinte à la compétition de Champagne, dans laquelle il avait obtenu également la première place. Il convient de faire noter ici que Chávez reçu comme cadeau pour avoir obtenu la première place au vol en altitude, une boîte d´allumettes en or avec l’inscription du triomphe obtenu. Celle-ci parvint à l’aviateur et Président de l’Académie d’histoire aéronautique du Pérou, Gastón Garreaud Dapello, pendant l’un de ses voyages à Domodossola. Gastón Garreaud surnomma cette boîte d´allumettes le Passeport d’or de Chávez, puisqu’il l´emporta dans le vol qui relia pour la première fois la Suisse et l’Italie par voie aérienne, quand il traversa les Alpes le 23 septembre 1910.

La compétition aérienne de Lanark, petit village situé au centre de l’Écosse, fut programmée du 6 au 13 août 1910 ; par conséquent, Chávez dû rapidement se déplacer depuis Blackpool, en Angleterre, vers Lanark. Ainsi, le 8 août il participa à la compétition d´altitude sur son monoplan Blériot, en se classant à la deuxième place, avec 1575 m.

Tel que nous avons pu l´apprécier en révisant chacune des compétitions auxquelles prit part Jorge Chávez, sa performance comme aviateur fut très bonne, puisqu´il obtint des résultats magnifiques et de très bonnes places qui furent l’objet de prix pécuniaires très importants. De plus, il reçut l’ample reconnaissance de ses camarades de l’air, de l’opinion publique et de la presse locale et internationale.

Après avoir participé à la compétition de Lanark, Écosse, Jorge Chávez prit la décision d’annuler d’autres engagements prévus afin de se consacrer à la réalisation de vols en altitude, car il considérait que la pratique de ce genre d’activité aérienne lui était très utile pour pouvoir faire face au grand défi de la traversée des Alpes. Ici, il faut tenir compte de ce que le péruvien Jorge Chávez avait déjà appris qu’une compétition était envisagée qui consistait à traverser les Alpes depuis Brigue (Suisse) jusqu’à Milan (Italie). Cette compétition était préparée par Arturo Mercanti, organisateur et animateur de ce genre d’activités aériennes qu’il exerçait en représentation de l’Aéroclub de Milan, Italie.

Résumé: L'activité aérienne par l'Ingénieur et aviateur péruvien Jorge Chávez Dartnell

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